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Parlez-vous le COP 21 ?

195 délégations, 150 chefs d’état, plus de 40 000 participants au total (entreprises, ONG, scientifiques, collectivités territoriales, grand public, syndicats – et médias du monde entier) … Vous n’êtes pas sans l’ignorer, la COP 21 réunira du beau monde dans quelques jours au Bourget, en Seine-Saint-Denis. Objectif : aboutir à un accord universel pour limiter le réchauffement climatique à 2 °C, qui remplacera, dès 2020, le protocole de Kyoto, en vigueur depuis 2005.

Pour nous aider à décrypter articles et comptes rendus de débats, voici quelques rappels des grands concepts.

COP
La COP, justement, c’est la Conférence des Parties (Conference of the Parties en anglais, d’où l’acronyme COP), l’instance suprême de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Depuis la conférence de Berlin (COP1) en 1995, elle se réunit chaque année lors d’un sommet mondial, dans une ville différente, où sont prises des décisions pour respecter les objectifs de lutte contre le changement climatique. Les décisions ne peuvent être prises qu’à l’unanimité des parties ou par consensus.

Adaptation
Même dans l’hypothèse d’une forte réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre, les sociétés et les territoires vont devoir s’adapter aux conséquences inévitables, et déjà visibles, du réchauffement. Les mesures permettant de limiter leur vulnérabilité touchent tous les domaines : protection des zones littorales menacées de submersion, gestion plus économe des ressources en eau, nouvelles pratiques agricoles et forestières, systèmes d’alerte contre les tempêtes, villes « durables »…Certains pays, comme la France, ont adopté des plans nationaux d’adaptation au changement climatique. Mais, dans tous les cas, la planète n’évitera pas des crises majeures et des flux massifs de réfugiés climatiques, d’autant que les pays du Sud, les plus menacés et les plus pauvres, sont les moins bien armés pour mettre en œuvre des politiques d’adaptation.

Atténuation
C’est l’ensemble des actions susceptibles de réduire les émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique et leur concentration dans l’atmosphère. Les trois leviers disponibles sont

  • les économies d’énergie (ou efficacité énergétique),
  • le remplacement des ressources fossiles par des sources renouvelables non émettrices de CO2, ainsi que
  • la séquestration du carbone. Celle-ci peut être réalisée de façon naturelle, notamment par la préservation et l’extension des forêts (voir Puits de carbone), ou de manière industrielle, par le captage et le stockage du CO2.

Désinvestissement
L’arrêt des investissements dans les énergies fossiles, responsables de 80 % des émissions mondiales de CO2, est le moyen le plus sûr de lutter contre le dérèglement climatique. Poussé par les ONG, le mouvement de désinvestissement des fossiles gagne du terrain. 430 fonds de pension, compagnies d’assurance, institutions ou investisseurs privés ayant pris l’engagement de ne plus investir dans ce secteur totalisent aujourd’hui 2 600 milliards de dollars (2 300 milliards d’euros) d’actifs, contre seulement 50 milliards de dollars un an plus tôt.

Différenciation
Le principe de la différenciation consiste à adapter les efforts demandés aux pays dans la lutte contre le changement climatique en fonction de leur responsabilité historique dans le réchauffement et de leur niveau de développement. Les pays du Sud estiment que ceux du Nord, à l’origine de la plus grande partie des émissions cumulées de gaz à effet de serre, ont une « dette écologique » à leur égard et doivent donc accomplir des efforts plus importants. Les pays industrialisés, eux, considèrent que la division entre pays développés et émergents n’est plus de mise, la Chine étant devenue le premier « pollueur » du monde et l’Inde le troisième. Cette question est au cœur des négociations climatiques.

Energies fossiles
Il s’agit principalement du charbon, du pétrole et du gaz naturel, transformés en énergie par combustion. Ces hydrocarbures (composés d’hydrogène et de carbone) sont issus de la fossilisation de matières organiques (végétaux et animaux) dans le sous-sol terrestre. Fin 2013, les combustibles fossiles représentaient 78,3 % de la consommation énergétique finale mondiale. Ils sont responsables de 80 % des émissions totales de CO2 et de 67 % des émissions de gaz à effet de serre.

Energies renouvelables
Par opposition aux ressources fossiles en voie d’épuisement, les énergies renouvelables, ou EnR, sont issues de sources que la nature renouvelle en permanence. Les deux grandes sources naturelles sont le Soleil (dont le rayonnement est aussi à l’origine du vent, du cycle de l’eau et de la formation de biomasse par photosynthèse) et la Terre (qui dégage de la chaleur). Les EnR regroupent les énergies hydraulique, éolienne, solaire (thermique pour la production de chaleur et photovoltaïque pour celle d’électricité), géothermique et marines, ainsi que les bioénergies (bois, déchets, biogaz, agrocarburants). Générant peu de polluants et de déchets, ces filières sont parfois qualifiées d’« énergies vertes » ou « énergies propres ». Fin 2013, elles assuraient 19,1 % de la consommation énergétique finale mondiale et leur part ne cesse de croître, en même temps que leur coût diminue. A l’échelle de la planète, les EnR les plus développées sont l’hydroélectricité, l’éolien, le photovoltaïque et la biomasse.

Gaz à effet de serre
Lorsque la Terre est éclairée par le Soleil, sa surface réémet vers l’espace une partie du rayonnement qu’elle a reçu. Les gaz à effet de serre, présents dans l’atmosphère terrestre, retiennent une partie de ce rayonnement infrarouge émis par la Terre et la lui renvoient, ce qui contribue à la réchauffer. Les principaux gaz à effet de serre émis par l’activité humaine sont le dioxyde de carbone (CO2), le méthane (CH4), le protoxyde d’azote (N2O) et l’ozone (O3). Leur accumulation dans l’atmosphère depuis le début de l’ère industrielle, qui atteint des niveaux record, est responsable de la majeure partie du réchauffement climatique.

Géo-ingénierie
Il s’agit de l’ensemble des actions que les humains pourraient mettre en place pour manipuler le climat de la planète et lutter contre le changement climatique. Ces techniques, telles que la dispersion d’aérosols dans l’atmosphère pour empêcher une partie des rayons solaires de réchauffer la planète ou la « fertilisation » des océans avec du fer pour améliorer l’absorption du CO2 par le phytoplancton, n’en sont aujourd’hui qu’au stade expérimental, pour les plus avancées. Elles font l’objet d’un intérêt grandissant alors que les émissions de gaz à effet de serre ne cessent de croître.

Protocole de Kyoto
Le protocole de Kyoto est le premier traité international juridiquement contraignant visant à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Signé en 1997 et entré en vigueur en 2005, ce traité ne concerne que 55 pays industrialisés, représentant 55 % des émissions globales de CO2en 1990.
Le protocole visait alors à réduire d’au moins 5 % les émissions de six gaz à effet de serre (dioxyde de carbone, méthane, protoxyde d’azote et trois substituts des chlorofluorocarbures), entre 2008 et 2012, par rapport au niveau de 1990. Si certains Etats ont respecté leurs engagements (comme l’Union européenne), les gros pollueurs n’ont pas réduit leurs émissions : les Etats-Unis n’ont jamais ratifié le protocole, le Canada et la Russie s’en sont retirés, et la Chine, devenue le premier émetteur mondial de gaz à effet de serre, n’est pas concernée. Aujourd’hui obsolète, le protocole de Kyoto doit expirer en 2020 et devrait être remplacé par un nouveau texte, qui est l’objet de la COP21.

Puits de carbone
Il s’agit d’un réservoir naturel ou artificiel qui absorbe plus de carbone qu’il n’en rejette, contribuant ainsi à réduire la concentration de gaz à effet de serre et donc le réchauffement de la planète. Les puits de carbone naturels sont les océans (qui absorbent, grâce notamment au plancton et aux coraux, 30 % des émissions de dioxyde de carbone dues aux activités humaines), les forêts (la végétation terrestre, en particulier tropicale, stocke un quart des émissions) et les sols (humus, tourbières). Le réchauffement climatique et les activités humaines réduisent la capacité des puits de carbone naturels à agir et peuvent les transformer en sources de carbone. L’acidification des océans a ainsi réduit leur capacité à absorber du carbone, tandis que la déforestation est responsable d’environ un quart des émissions de CO2.

Réchauffement climatique
Il est déjà en cours. La température moyenne à la surface de la Terre s’est élevée de 0,85 °C depuis 1880 et le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat estime que les trois dernières décennies sont « probablement » les plus chaudes depuis au moins mille quatre cents ans. En fonction des scénarios d’émissions de gaz à effet de serre, les modèles climatiques prévoient une hausse des températures de l’air allant de 0,3 °C à 4,8 °C à l’horizon 2081-2100, par rapport à la période 1986-2005. Cependant, seul 1 % de la chaleur additionnelle due aux gaz à effet de serre finit dans l’atmosphère, tandis que 93 % vont dans les océans, 3 % dans les glaces et 3 % dans les sols. Ce réchauffement s’accompagnera d’une montée du niveau moyen des mers de 26 cm à 98 cm d’ici à la fin du siècle et aura de multiples impacts : fonte des calottes polaires et des glaciers, événements extrêmes (vagues de chaleur, sécheresses, pluies diluviennes) plus intenses et plus fréquents, risques pour la sécurité alimentaire, extinction d’espèces… C’est pourquoi on parle plus largement de changement climatique.
 


source : Direct Assurance

 

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