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vendredi 27 novembre 2015

Parlez-vous le COP 21 ?

Parlez-vous le COP 21 ?

195 délégations, 150 chefs d’état, plus de 40 000 participants au total (entreprises, ONG, scientifiques, collectivités territoriales, grand public, syndicats – et médias du monde entier) … Vous n’êtes pas sans l’ignorer, la COP 21 réunira du beau monde dans quelques jours au Bourget, en Seine-Saint-Denis. Objectif : aboutir à un accord universel pour limiter le réchauffement climatique à 2 °C, qui remplacera, dès 2020, le protocole de Kyoto, en vigueur depuis 2005.

Pour nous aider à décrypter articles et comptes rendus de débats, voici quelques rappels des grands concepts.

COP

La COP, justement, c’est la Conférence des Parties (Conference of the Parties en anglais, d’où l’acronyme COP), l’instance suprême de la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques. Depuis la conférence de Berlin (COP1) en 1995, elle se réunit chaque année lors d’un sommet mondial, dans une ville différente, où sont prises des décisions pour respecter les objectifs de lutte contre le changement climatique. Les décisions ne peuvent être prises qu’à l’unanimité des parties ou par consensus.

Adaptation

Même dans l’hypothèse d’une forte réduction des émissions mondiales de gaz à effet de serre, les sociétés et les territoires vont devoir s’adapter aux conséquences inévitables, et déjà visibles, du réchauffement. Les mesures permettant de limiter leur vulnérabilité touchent tous les domaines : protection des zones littorales menacées de submersion, gestion plus économe des ressources en eau, nouvelles pratiques agricoles et forestières, systèmes d’alerte contre les tempêtes, villes « durables »…Certains pays, comme la France, ont adopté des plans nationaux d’adaptation au changement climatique. Mais, dans tous les cas, la planète n’évitera pas des crises majeures et des flux massifs de réfugiés climatiques, d’autant que les pays du Sud, les plus menacés et les plus pauvres, sont les moins bien armés pour mettre en œuvre des politiques d’adaptation.

Atténuation

C’est l’ensemble des actions susceptibles de réduire les émissions de gaz à effet de serre responsables du réchauffement climatique et leur concentration dans l’atmosphère. Les trois leviers disponibles sont

  • les économies d’énergie (ou efficacité énergétique),
  • le remplacement des ressources fossiles par des sources renouvelables non émettrices de CO2, ainsi que
  • la séquestration du carbone. Celle-ci peut être réalisée de façon naturelle, notamment par la préservation et l’extension des forêts (voir Puits de carbone), ou de manière industrielle, par le captage et le stockage du CO2.

Désinvestissement

L’arrêt des investissements dans les énergies fossiles, responsables de 80 % des émissions mondiales de CO2, est le moyen le plus sûr de lutter contre le dérèglement climatique. Poussé par les ONG, le mouvement de désinvestissement des fossiles gagne du terrain. 430 fonds de pension, compagnies d’assurance, institutions ou investisseurs privés ayant pris l’engagement de ne plus investir dans ce secteur totalisent aujourd’hui 2 600 milliards de dollars (2 300 milliards d’euros) d’actifs, contre seulement 50 milliards de dollars un an plus tôt.

Différenciation

Le principe de la différenciation consiste à adapter les efforts demandés aux pays dans la lutte contre le changement climatique en fonction de leur responsabilité historique dans le réchauffement et de leur niveau de développement. Les pays du Sud estiment que ceux du Nord, à l’origine de la plus grande partie des émissions cumulées de gaz à effet de serre, ont une « dette écologique » à leur égard et doivent donc accomplir des efforts plus importants. Les pays industrialisés, eux, considèrent que la division entre pays développés et émergents n’est plus de mise, la Chine étant devenue le premier « pollueur » du monde et l’Inde le troisième. Cette question est au cœur des négociations climatiques.

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