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2019-09-19

Fumer du cannabis et prendre le volant : les résultats de l'étude Vigicann

Fumer du cannabis et prendre le volant : les résultats de l'étude Vigicann

Une étude évaluant les effets de la consommation de cannabis sur la conduite a été présentée mercredi 18 septembre 2019 devant l'Académie Nationale de Pharmacie. Avec une méthodologie complètement inédite, les expériences ont été réalisées avec du cannabis fumé en joints. Explications et conclusions.

 

Étude Vigicann : pourquoi la méthodologie d’enquête est-elle hors du commun ?

 

"Pour la plupart des études, on utilise des sprays ou des décoctions. Là, on montre réellement ce qui se passe dans la vraie vie, en faisant fumer du cannabis, ce qui est important du point de vue médical", déclare Jean-Claude Alvarez, spécialiste de pharmacologie et toxicologie à l'Inserm, co-auteur de cette étude Etude Vigicann, menée en 2017-2018 par des chercheurs des hôpitaux Raymond Poincaré à Garches (AP-HP) et Sainte-Marguerite à Marseille.

Trente volontaires, tous déjà consommateurs de cannabis, ont fumé le stupéfiant provenant d'une saisie policière, pour prendre ensuite le volant sur simulateur. Bien sûr, cette étude a été effectuée avec toutes les autorisations judiciaires indispensables, ainsi que celle du Ministère de la santé, qui l’a financée.

 

Consommation de cannabis : quels sont les risques au volant ?

 

Publié en mars dernier dans une revue américaine, les résultats du premier volet de cette étude sont sans surprise. Les effets du cannabis sur la conduite sont plus importants et durent plus longtemps chez les fumeurs occasionnels (un ou deux joints par semaine) que chez les fumeurs chroniques (un ou deux joints par jour) dans les proportions suivantes :

  • 13 heures pour les fumeurs occasionnels
  • 8 pour ceux à la consommation régulière  

Cela s'explique par une tolérance plus grande aux effets de la drogue consommée chez ceux qui fument le plus. Le THC (tétrahydrocannabinol) reste détectable dans le sang plus longtemps chez les fumeurs pour qui consommer du cannabis est chronique.

 

 

Faut-il revoir le test salivaire de dépistage des stupéfiants ?

 

Les tests de dépistage ne s’avèrent pas assez efficaces. "On montre également que les tests salivaires marchent très bien au début, pour décroitre rapidement. Grosso modo, au bout de cinq heures, après avoir consommé, vous ne dépistez plus qu’une personne sur deux. Entre huit et dix heures, tout est négatif." déclare Jean Claude Alvarez à France Inter (Journal de 8H du 19-09-2019). Ce qui ne corrobore pas vraiment les observations de l’étude, et ne permet pas à un conducteur d’être contrôlé positif s'il est en train de conduire sous l’influence des cannabinoïdes.   

 

 

Comment l’usage du cannabis affecte un conducteur ?

 

Classé en France comme stupéfiant, le cannabis entraine une augmentation du Thc dans le sang. En affectant les cellules du cerveau, il provoque :

  • fatigue,
  • changement d’humeur,
  • diminution physique,
  • baisse des capacités cérébrales
  • et troubles de la mémoire.

Les effets psychoactifs du cannabis au volant engendrent des facultés affaiblies : baisse de la vigilance, désorganisation de la coordination. Les temps de réaction sont allongés, les facultés visuelles et auditives sont diminuées. La prise de stupéfiants double le risque d’être responsable d’un accident mortel.

 

 

Quelles sont les sanctions pour un conducteur sous l'emprise du cannabis ?

 

Côté Code de la route, l’automobiliste, ou l'accompagnateur d'un élève conducteur, contrôlé positif aux plantes et substances classées comme stupéfiants, se voir retirer automatiquement 6 points du permis de conduire.

Pour les détenteurs d’un permis probatoire, la première année, le conducteur sous l’emprise de drogues subit l’annulation du permis de conduire. Il risque aussi une peine très lourde, pouvant aller

  • jusqu’à 2 ans d’emprisonnement et 4 500 euros d’amende
  • jusqu’à 3 ans et 9 000 euros d’amende si le conducteur a également consommé de l’alcool
  • jusqu’à 7 ans d’emprisonnement et 100 000 euros d’amende en cas d’accident mortel
  • jusqu’à 10 ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende en cas d’accident mortel quand le conducteur commet une circonstance aggravante supplémentaire (stupéfiants et alcool par exemple)

 

Des peines complémentaires peuvent être prononcées comme :

  • la suspension du permis de conduire jusque 3 ans ; que se passe t’il en cas de retrait de permis ?
  • l’annulation du permis avec interdiction de le repasser pendant 3 ans ou plus ;
  • l'obligation d'accomplir un stage de sensibilisation à la sécurité routière ou encore un stage de sensibilisation aux dangers de l'usage de produits stupéfiants.

Source : Sécurité routière

Mise à jour octobre 2020

 

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